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Best of courts-métrages


Voici donc une liste non exhaustive de court-métrages visibles sur le web :
  • "À poil !" d´Emmanuelle Bercot (France, 2004)
  • "Carlitopolis" de Luis Nieto (France, 2005)
  • Film annonce de "Little Children" de Todd Field (Etats-Unis, 2006)
  • "Imminence" de Willem Peleau (France, 2004)
  • "Street Academy" de Pierrick Servais (France, 2004)


"À poil !" d´Emmanuelle Bercot.

France, 2004, 6 min, 35 mm, Couleur.
Avec : Louise Monot, Éric Rulliat et Rachid Ouchem.

Voici donc un des dix court-métrages de la série Talents Cannes 2004 sur le thème "Arrête d´avoir peur".

L´histoire : Sur le tournage d´un court-métrage tourné en vidéo, une jeune comédienne débutante (Louise Monot) hésite à jouer une scène de nu. Mais le réalisateur (Éric Rulliat) et le reste de l´équipe s´impatientent de plus en plus.

L´analyse : Avec un jeu de champs/contre-champs accentuant la tension entre l´actrice hésitante et le réalisateur impatient, avec des plans serrés sur la jeune comédienne esseulée et avec une opposition entre une actrice éclairée par une lumière contrastée tandis que le reste de de l´équipe se tient dans la pénombre, voici donc l´occasion de passer un bon moment en compagnie de ce court-métrage au scénario bien écrit, à la mise en scène juste, à la chute hilarante, le tout sous la férule d´une jeune réalisatrice (Emmanuelle Bercot), de surcroît actrice (y aurait-il un peu d´autobiographique dans cette histoire ?).

Les meilleures répliques :

                     Le réalisateur
                    Toutes les actrices tournent à poil. T´es une actrice ou t´es pas une actrice ?

                    L´actrice
                    Oui.

                    Le réalisateur
                    Oui quoi ?

                    L´actrice
                    Ben oui, je suis une actrice.

                    Le réalisateur
                    Ben alors, tu le prouves !

                    L´actrice
                    Je vois pas le rapport.

                    Le réalisateur
                    Cite-moi une actrice qui n´a pas montré son cul ?

                    L´actrice
                    Ingrid Bergman.

                    Le réalisateur
                    Et toi, comment tu t´appelles déjà ?

                    L´actrice
                    Manon Roublard.

                    Le réalisateur
                    Bon, ben, t´en conclus ?

À visionner sur le site de TV5 : http://www.tv5.org/TV5Site/webtv_pourcinema/index.php?rub=1&srub=65.

Remarque : Talents Cannes est organisée chaque année par l´Association Artistique de l´ Adami. Le but est de confier la réalisation de courts-métrages à de grands professionnels et à de jeunes comédiens.
Ces courts-métrages, d´une durée maximum de 6 minutes et dont le temps de tournage n´excède pas une journée sont coproduits avec Agora Films, tournés en vidéo numérique (DV), kinescopés en 35 mm puis projetés dans le cadre du Festival de Cannes.


"Carlitopolis" de Luis Nieto

France, 2005, 3 min 10 sec, Beta SP, Couleur.
Logiciels utilisés : Adobe After Effects, Adobe Photoshop, 3DSMax, Protools.
Avec : Carlito et Luis Nieto.
Réalisation, Scénario, Image, Montage et Son : Luis Nieto.

Prix de l´originalité au Festival des Très Courts 2006 (France).
1er prix dans la catégorie Compositing/Education/Supershort film au Animago de Stuttgart 2006 (Allemagne).
Clap d´argent au Clap89 de Sens 2006 (France).
Mention du jury au Festival International du court métrage de Clermont-Ferrand 2006 (France).
1er prix de la création numérique au 128 Meg@ d´Art du Festival du Court de Villeurbanne 2005 (France).
Coup de coeur Canal + et Mention spéciale de la presse aux E-magiciens de Valenciennes 2005 (France).

L´histoire : Expérimentations ludiques d´un étudiant sur une souris de laboratoire, appelée Carlito.

L´analyse : Jouant entre la réalité et sa reconstitution en images de synthèse, le réalisateur-acteur colombien Luis Nieto s´amuse avec nos sens et le "je ne crois que ce que je vois".
Première astuce : Luis fait le choix de placer son étudiant (joué par lui-même) dans un amphithéâtre quelconque pour présenter un devoir de fin d´étude. Puis il prend le parti de filmer toute la scène en plan-séquence (pas d´ellipse, pas de montage) et en plan large sans opérateur apparent derrière la caméra. Par ce dispositif, il place son film sur le champ de la captation pure et simple de l´expérience, sans trucage. Il en accroit par là-même le sentiment de véracité.
Deuxième astuce du réalisateur : l´écran de projection sensé représenter ce qui se passe dans une boîte située à droite de l´écran. Ecran dans l´écran, c´est une sensation de vertige qui apparaît chez le spectateur : quel écran dit vrai ?
L´expérimentation peut commencer : Luis introduit Carlito dans la boîte et en interragissant sans cesse avec lui dans la boîte (introduction de divers objets) fait disparaître toute frontière entre images réelles captées par la caméra et images de synthèses de la boite captées également par une caméra. En mettant ces deux catégories d´images (vraies et fausses) sur le même niveau (captation), il amène un sentiment de trouble et une perte de repère chez le spectateur : ce que l´on voit, est-ce vrai ou est-ce fabriqué ?
Déconcerté, il ne nous reste plus qu´à nous laisser porter par ce subtil jeu de vrai et de faux semblants.
Laissez-vous donc à votre tour tenter par l´expérience.

La meilleure réplique :

                     L´étudiant(après voir coupé la souris en deux)
                    Ça marche tout à fait comme les vers de terre.

À visionner sur le site de l´´ Atelier d´Image et d´Informatique du post-diplôme de l´ ENSAD (École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs) : http://aii.ensad.fr/PRIV/projet.php?id=104.
Site officiel du film : http://www.carlitopolis.com/.

Remarque : Les E-magiciens de Valenciennes sont les rencontres européennes de la jeune création numérique.


Film annonce de "Little Children" de Todd Field

Etats-Unis, 2006, 1 min 35 sec, 35 mm, Couleur.
Production et distribution : New Line Cinéma.

L´histoire : Destins croisés de deux couples en crise dans une banlieue bourgeoise des Etats-Unis.

L´analyse : Curieux de traiter d´un film annonce dans une rubrique consacrée aux courts-métrages. Pourtant dans le flux ininterrompu des bandes annonces efficaces commercialement mais pauvres créativement, on ne peut s´empêcher d´évoquer les rares petits films annonces concepts sortant du lot.
Mais avant d´aller plus loin dans l´analyse de ce film annonce, il faut rappeler que la conception des bandes annonces est la plupart du temps confiée à la production et/ou la distribution du film qui le font eux-même ou le font faire par une agence spécialisée (c'est le petit nom en bas à droite ou à gauche en fin de bande annonce).
Bien que les bandes annonces soient donc axées pour la plupart d´entre elles sur un impact commercial et marketing maximum, quelques exceptions existent : ainsi, avant de se lancer dans la réalisation, Agnès Jaoui avait innové en faisant chanter les comédiens d´"On connaît la chanson" d´Alain Resnais (1997) dans le film annonce du même film tandis que dans un autre film annonce, Bruno Podalydès remarquait avec amusement l´absence inhabituelle d´André Dussolier dans un film du même Alain Resnais, "Pas sur la bouche" (2003). De même, quelqu´un avait eu la brillante idée visuelle de faire défiler en accéléré le film "Femme Fatale" de Brian de Palma (2002) dans le film annonce du film, ne nous rendant compte qu´à la fin du stratagème.

Maintenant, passons à l´analyse proprement dite. Un film annonce est la plupart du temps construite en deux trois temps : un prologue ou une introduction puis une deuxième partie qui plante le décor, la routine de vie des personnages et l´incident déclencheur puis une troisième partie plus rapide, voire plus clipée, montrant les conséquences et les réactions des personnages à cet incident.
À cette construction habituelle en trois parties, le film annonce de "Little Children" oppose une construction en deux parties et à une narration un ressenti visuel et sonore d´une tension ascendante et explosive sans possibilité concrète de savoir ce dont traite le film.
Première partie : un son répétitif (la sirène d´un train au loin) en boucle, des répliques données avec parcimonie, des images sans lien explicite de lieux, de visages, de corps puis une tension montant peu à peu sur un père et son fils faisant aller leurs locomotives-jouets respectives l´une en direction de l´autre sur le son off d´un vrai train avant la collision fatale de leurs jouets dans un fracas de son. C´est cette première partie qui est la plus intéressante. Car ici, on joue par les images et les sons à faire monter une tension sexuelle de plus en plus palpable avant l´explosion et l´adultère. Par les images, le montage met en relation les trajets courbes des locomotives-jouets avec la main d´un homme (Patrick Wilson) le long du corps nu d´une femme de dos (Kate Winslet) et le regard du même homme le long du corps soupirant et recouvert d´un maillot de bain rouge de la même femme allongée. Dans le même temps, le son lointain du train est bientôt recouvert par celui d´un train approchant de plus en plus près et mis en relation par le bruit de la locomotive-jouet imité par le père en jouant avec son fils.
Deuxième partie : succession d´images clipées du film faisant s´entrechoquer des images de joie, de jalousie, de dispute, de sexe... Ici, aucun son direct : que le bruit du train passant puis s´éloignant et ce qu´on appelle en son, un drone (c´est-à-dire un sound effect en anglais) avec un son recréé electroniquement d´un son en boucle approchant et repartant rapidement.

Voici donc un magnifique concept de film annonce à voir et à revoir pour un film intéressant mais dont hélas, le réalisateur n´ira pas aussi loin sur le travail du son et des images, allant même jusqu´à aller contre l´histoire du film pour finir sur un plus consensuel "happy end."
Mais il est intéressant de pouvoir comparer ce film à son film annonce et voir l´intéressant travail de montage effectué et la mise en relation d´images et de sons à peine présents dans le film. Dommage que le travail des films annonces ne met aucunement en avant leur concepteur (souvent plusieurs personnes interviennent sur une même bande annonce) car il aurait été intéressant de savoir comment a émergé l´idée de ce concept ?

Les meilleures répliques :

                    UNE FEMME (à une petite fille)
                    I think we could do something really beautiful.
                    [J´ai pensé qu´on pouvait faire quelque chose de vraiment très beau].

                    LA PETITE FILLE
                    Something for my mummy.
                    [Quelque chose pour ma maman].

                    UNE MÈRE (off)
                    It´s the anger, the anger for an alternative and the refusal to accept a life of unhapiness.
                    [C´est la colère, la colère pour une alternative et le refus d´accepter une vie malheureuse].

À visionner sur les sites officiels du film :




"Imminence" de Willem Peleau

France, 2004, 10 min, Super 8 mm & Mini-DV , Cinemascope 2.35, Couleur.
Avec : Jean Perrot, Christophe Provot et Laetitia Laburthe-Tolra.
Scénario, image & réalisation : Willem Peleau.
Assistants réalisation : Nathalie Nouaili, Damien Lagogue & David Paté.
Casting : Emilie de Queiroz Siqueira.
Montage : Jean-Christophe Nurbel.
Musique originale : Matthieu Gain.
Effets Spéciaux : Adrien Weil.

Grand Prix au Festival Imag´Essonne 2004 (France).
Prix Spécial du Jury au Festival National du Court Métrage Étudiant 2004 (France).

L´histoire : Un homme au terme de sa vie se remémore son enfance. Il retrouve alors l´innocence et l´émerveillement. Aux deux extrémités de sa vie, du blanc au noir, l´Art est un souvenir de couleurs.

L´analyse : Sélectionné dans plusieurs festivals (Festivals de Clermond-Ferrand, d´Essonne, de Brest, de Paris, de Berlin, de Braunschweig, de Saint-Maur, de Parthenay, du Luxembourg, etc.), Imminence est une fiction expérimentale.
Fiction car il suit le dernier voyage d´un homme vers sa mort.
Expérimental au sens d´expériences pour son auteur et pour son spectateur :
  • Expérience d´une écriture avec la volonté de raconter une histoire sans dialogue, sans explication mais par des sensations procurées par des images et des sons ;
  • Expérience d´un tournage avec la difficulté à impressionner une pellicule Super 8mm dû à la répartition aléatoire des grains ;
  • Expérience d´un montage, de la réécriture d´une matière filmée : fondus enchaînés, plans subliminaux, etc. ;
  • Expérience sonore où l´on part du silence à l´approche de la mort - c´est-à-dire une nappe sonore et sourde depuis les films du cinéaste David Lynch (Eraserhead, Lost Highway, Mulholland Drive) - pour arriver à la musique d´une vie riche et pleine que l´on quitte, le tout traversé de sons ponctuels et fugaces du souvenir (cloches, robes, etc.) allant et venant dans l´oreille du personnage principal et du spectateur ;
  • Expérience personnelle enfin où chaque spectateur est amené à accepter par des images et des sons une narration inhabituelle de la fiction, une citation du sculpteur français Auguste Rodin placée en amont du film (cf. plus bas) servant alors de bâton de pélerin.
En conclusion, Imminence est un court-métrage, une expérience à vivre.

La citation du début :
                                "Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé ; il le continue."
                                                                                                Auguste Rodin, Art

Le Film était visible sur le site du Festival Imag´Essonne mais désormais seuls les films du dernier palmarès sont en ligne.
Possibilité cependant de voir la bande annonce du film sur le site du Berlinale Talent Campus : http://tdb.berlinale-talentcampus.de/tdb/index.php/profile?tid=20062447# (cliquez ensuite sur "view sample of work").



"Street Academy" de Pierrick Servais

France, 2004, 3 min, mini-DV , Couleur.
Réalisation et Musique : Pierrick Servais.

Mention Spéciale du Jury au Festival des Très Courts 2004 (France).

L´histoire : Difficile de raconter l´histoire de ce court-métrage sans risquer d´en dévoiler la chute.
Nous dirons juste qu´il s´agit d´une place où vont et viennent des passants "anonymes" sous l´oeil vigilant de la caméra.
Il s´agira ici d´un film social.

L´analyse : Ici, nous avons affaire à ce que nous pourrons appeler un film-concept dont s´est notamment fait une spécialité le réalisateur français de long métrage, François Ozon. C´est-à-dire trouver une très bonne idée qui accroche et tenter de l´exploiter au mieux.
Et ici, il faut avouer que cela fonctionne très bien, la chute parachevant magnifiquement le tableau.
Film donc concept au niveau de l´écriture mais également film-concept au niveau de sa réalisation.
En effet, le réalisateur Pierrick Servais a choisi de fixer définitivement sa caméra sur un pied (de caméra) et de filmer sans s´arrêter une place où vont et viennent des gens "anonymes".
Anonymat appuyé par le choix de surexposer ce long plan (surexposition hélas difficilement appréciable avec les types de compression permettant de diffuser ce court-métrage sur le web) mais anonymat également annihilé par de petits cartons apparaissant et disparaissant au gré des allées et venues de ces passants.
Auteur également de la musique, Pierrick souligne le risque de banalisation de ce qu´il dénonce (je ne le révèlerai bien évidemment pas pour laisser le plaisir de découvrir la chute) par une petite musique, obsédante, dans les aigue et se répétant en boucle.
Voilà donc un joli court-me´trage au parti pris social intéressant à découvrir de suite.

À visionner sur :

Remarque : Organisé chaque année, le Festival des Très Courts rassemble des courts-métrages de tous genres avec comme seule contrainte d´être des films de moins de trois minutes (hors titre et générique).


Pages réalisées par jici
juillet 2005, septembre 2005, mai 2006, avril 2007


Sites de diffusion de courts-métrages :

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